
C'est toujours un sentiment fantastique de découvrir un nouvel auteur qui nous fascine et nous rejoint. Surtout lorsque c'est l'oeuvre d'un auteur dont on entend parler depuis longtemps. Qu'on se dit qu'il faudrait bien qu'on le lise, mais il y a toujours ce livre qui traîne sur la table de chevet ou cet autre qui attend depuis assez longtemps dans la bibliothèque... Et finalement on se lance et c'est le feu d'artifice de bonheur!
J'ai vécu ce moment dernièrement avec Anne Hébert. J'ai participé à la Promenade des écrivains dans laquelle elle était à l'honneur. Les extraits lus à ce moment m'ont immédiatement charmée et j'ai eu envie de lire sa poésie. Quelle poète! Et quels textes!
Je voulais plublier un poème mais faire un choix était trop difficile. Alors pourquoi ne pas se faire plaisir, en voici deux...
Il y a certainement quelqu'un
Il y a certainement quelqu'un
Qui m'a tuée
Puis s'en est allé
Sur la pointe des pieds
Sans rompre sa danse parfaite.
A oublié de me coucher
M'a laissée debout
Toute liée
Sur le chemin
Le coeur dans son coffret ancien
Les prunelles pareilles
À leur plus pure image d'eau
A oublié d'effacer la beauté du monde
Autour de moi
A oublié de fermer mes yeux avides
Et permis leur passion perdue
Un mur à peine
Un mur à peine
Un signe de mur
Posé en couronne
Autour de moi.
Je pourrais bouger
Sauter la haie de rosiers,
L'enlever comme une bague
Pressant mon coeur
Gagner l'univers
Qui fuit
Sans un cri.
Seule ma fidélité me lie.
Ô liens durs
Que j'ai noués
En je ne sais quelle nuit secrète
Avec la mort!
Petit espace
Et mesure exacte
Des gestes futurs.
Au centre de l'enclos
La source du sang
Planté droit
Cet arbre crispé
Et vous feuillages
Des veines
Et des membres soumis.
Par les jours calcaires et blancs,
Forme d'arbre en la durée
Bouleau clair
Aux sombres épanchements figés
Les doigts sans aucun désir
Étendus;
Mon coeur sera bu comme un fruit.







